Essai sur le style

Le foulard ne se contente plus de tenir chaud au cou : comment l’automne 2026 transforme un basique en tenue entière

La rédaction de DressWise

Pendant la majeure partie de la dernière décennie, le foulard était un ajout auquel on pensait au dernier moment : quelque chose que l’on enfilait avant de quitter la maison ou, pire, cette grosse écharpe-plaid remontée jusqu’au menton qui finissait par donner le même

Pendant la majeure partie de la dernière décennie, le foulard était un ajout auquel on pensait au dernier moment : quelque chose que l’on enfilait avant de quitter la maison ou, pire, cette grosse écharpe-plaid remontée jusqu’au menton qui finissait par donner le même aspect à toutes les tenues. L’automne 2026 inverse discrètement la tendance. On présente le foulard comme l’accessoire de l’année, mais cette étiquette passe à côté de l’essentiel. Le nouveau foulard ne sert plus vraiment à tenir chaud au cou. C’est un morceau de tissu qui remplit le rôle d’un nouveau vêtement — haut, ceinture, turban, col ou touche de texture supplémentaire — pour le prix d’un accessoire. Il est devenu le moyen le moins cher, dans la mode, de transformer une tenue sans acheter davantage de vêtements.

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Ce changement a deux moteurs, qui vont dans le même sens. Le premier est économique. Après plusieurs années pendant lesquelles les consommateurs ont soumis chaque achat au calcul du coût par utilisation, l’attrait d’une pièce que l’on peut porter de cinq façons différentes s’explique facilement. Le second est esthétique. La garde-robe neutre du luxe discret a résolu le problème de l’allure bon marché, mais en a créé un autre : ressembler à toutes les personnes qui ont acheté la même palette. Le foulard est le moyen le moins cher de réintroduire de la couleur, des motifs et un jeu de proportions sans défaire la garde-robe capsule que l’on a déjà constituée.

Le signal le plus clair vient du grand foulard en soie. Sur les podiums de l’automne 2026, les créateurs l’ont traité comme le point central de la tenue plutôt que comme une touche finale : des foulards de soie enroulés et portés en hauts chez Altuzarra, resserrés aux hanches chez The Row, noués façon bandana chez Maria McManus, ou utilisés pour composer des ensembles entièrement imprimés chez Area. Les écharpes en fausse fourrure, une tendance de l’hiver 2026 d’abord repérée chez Chloé, Fendi et Anna Sui, remplissent le même rôle par la texture, drapées sur une tenue de bureau ton sur ton ou un manteau de coupe tailleur. Dans le même temps, l’ancienne manière de porter une écharpe a été déclarée dépassée. L’écharpe-plaid volumineuse, duveteuse et à carreaux très contrastés, serrée autour du cou, n’est plus d’actualité. La règle de style de la saison privilégie un drapé fluide et naturel plutôt que des nœuds lourds.

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Ce qui distingue le foulard, c’est qu’il fait partie des rares tendances capables de s’adapter aux climats et aux corps d’une manière inaccessible à un manteau ou à une botte. À Londres ou à New York, il constitue une véritable couche de protection contre le vent ; pendant un automne plus chaud dans le sud de la Californie ou autour de la Méditerranée, il devient un drapé léger ou un turban ; dans un bureau fortement climatisé, il est la couche que l’on peut ajouter et retirer sans changer le reste de sa tenue. Et puisqu’il n’a pas de taille, il ne suscite pas les inquiétudes liées à l’ajustement d’un pantalon ou d’une veste : un carré de soie s’adapte à une plus grande diversité de corps qu’un vêtement coupé et ajusté.

Trois façons de le porter montrent la direction que prend la tendance. La première, la plus audacieuse, consiste à transformer le foulard en haut ou en bustier pour les soirées ou les journées plus chaudes. La deuxième l’utilise comme ceinture ou détail sur les hanches, pour resserrer une robe, un long manteau ou un pantalon large et en modifier les proportions sans ajouter le moindre nouveau vêtement. La troisième est la plus discrète et la plus utile : le foulard devient col ou encolure, glissé dans un blazer ou un trench, pour placer une touche de couleur ou de motif près du visage. Dans un format plus petit, une bande étroite de soie ou une fine maille côtelée remplit le même rôle avec moins de tissu.

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