L’imprimé faon et le brocart dépassent le tartan parmi les motifs phares de l’automne-hiver 2026
Pendant des années, l’automne s’est appuyé sur deux imprimés sûrs : le tartan et le léopard. C’étaient les solutions de repli, une façon peu risquée d’être de saison sans affirmer un point de vue. L’automne-hiver 2026 ajoute deux propositions plus fraîches à cette courte
Pendant des années, l’automne s’est appuyé sur deux imprimés sûrs : le tartan et le léopard. C’étaient les solutions de repli, une façon peu risquée d’être de saison sans affirmer un point de vue. L’automne-hiver 2026 ajoute deux propositions plus fraîches à cette courte liste : un doux imprimé faon aux tons fauves, baptisé Bambi core sur internet, et une vague de brocarts, jacquards et tissus de tapisserie que les rédactions regroupent sous des noms comme « le style héritage » et « le nouvel ornement ». Aucun ne remplace les anciens favoris ; tous deux redéfinissent ce qu’un imprimé peut apporter. L’histoire n’est pas le retour des imprimés. C’est leur transformation, accompagnée d’une nouvelle façon de les porter.

Le signal va directement des défilés automne-hiver 2026 aux boutiques que les lecteurs parcourent aujourd’hui. Sur les podiums, le mouvement allait vers des surfaces maximalistes, riches en savoir-faire : Dior a présenté des jacquards métallisés évoquant des tapisseries anciennes et revisité sa veste Bar en brocart multicolore ; Dries Van Noten a proposé un manteau richement brodé ; Erdem, Simone Rocha, Anna Sui et Etro ont tous misé sur des fleurs d’esprit ameublement et des motifs de tapisserie. Vogue Arabia y a vu une redécouverte du « style héritage », et Net-a-Porter a parlé de « nouvel ornement ». En octobre, ces mêmes tissus avaient gagné les enseignes grand public, avec des vestes en brocart et jacquard chez Zara, Mango, Boden, STAUD et Reformation.
La première expression du changement est l’imprimé faon. Là où léopard et zèbre s’annoncent, le faon chuchote. C’est un motif fauve et camel parsemé de taches crème, que la presse mode a comparé à une version raffinée et hivernale des pois. Il est arrivé comme la réponse du luxe discret à l’imprimé animal : un motif plus doux, moins prédateur, qui garde pourtant du caractère. Tory Burch est créditée de l’avoir défendu sur les podiums ; les pièces ont ensuite traversé les looks de célébrités — Katie Holmes et Sarah Paulson en ont toutes deux porté — avant de toucher le grand public, des versions graphiques et dégradées de David Koma au pull en fausse fourrure Sandy Liang x Gap épuisé, en passant par un bomber Next pressenti comme un best-seller d’automne.

La deuxième expression est le brocart et le jacquard, et le changement tient ici autant au stylisme qu’au tissu. Autrefois, c’étaient des matières de soirée et de cérémonie, celles des garde-robes transmises et des tenues habillées. À l’automne 2026, on les traite comme des couches décontractées : la formule la plus citée est une veste en brocart ou tapisserie jetée sur un jean et un tee-shirt blanc ou une maille fine, avec le rappel ailleurs dans la tenue d’une couleur du motif. La veste ornée devient l’unique pièce forte, et tout ce qui l’entoure reste discret. C’est ainsi qu’un tissu d’héritage devient quotidien, selon la même logique de contraste qui anime les sequins et le cuir toute la saison.
Cette formule de contraste explique l’intérêt pour des lecteurs de pays, de climats et de garde-robes différents. Une veste en brocart ou jacquard est une couche légère de caractère dans un automne doux du sud de l’Europe ou du littoral, et se glisse sous un manteau dans celui, plus froid, du nord de l’Europe ou de l’Amérique du Nord : elle n’est donc pas limitée à une saison ou une occasion. Portés régulièrement plutôt que réservés à une fête, ces imprimés changent aussi le calcul du coût par utilisation : une pièce forte portée chaque semaine avec un jean mérite son prix d’une manière qu’une tenue de cérémonie annuelle ne peut pas égaler. Deux vérifications pratiques s’imposent. La première concerne la couleur : la palette chaude et peu contrastée de l’imprimé faon paraît douce sur de nombreux teints, ce qui contribue à en faire une entrée plus facile. La deuxième concerne la coupe : brocart et jacquard sont peu extensibles ; cherchez donc des modèles structurés, adaptés aux courbes et proposés dans des tailles inclusives.

L’idée est simple : le choix sûr n’est plus le seul. Tartan et léopard fonctionnent toujours, mais ils semblent désormais attendus ; pour montrer plus fraîchement que l’on réfléchit à ce que l’on porte, mieux vaut choisir le motif moins familier et plus doux : une pièce imprimée faon ou une veste en brocart, portée avec le naturel d’un tee-shirt. La prochaine évolution à observer est le mélange d’imprimés, que les looks portés par la génération Z poussent sous le nom de « printmaxxing ». La direction est celle indiquée par toute la saison : davantage, mais porté plus simplement.